Galeries : qui ouvre, qui ferme, qui déménage ?

Bảo-Thiên Lê.

© Photo Mathilde Cazes.

Par Jade Pillaudin

La capitale n’échappe pas aux contractions du marché de l’art : si les ouvertures de galeries sont moins nombreuses qu’en 2024, la ville voit arriver de nouvelles enseignes, notamment du Royaume-Uni et d’Asie.

Le choix peut a priori paraître inattendu, mais reflète les mouvements de la scène parisienne des galeries. Après six années d’expositions à Komunuma, cluster de galeries à Romainville (Seine-Saint-Denis), Jocelyn Wolff s’est installé début septembre dans un ancien Franprix de la rue de Penthièvre, dans le 8e  arrondissement. Désormais voisin d’enseignes telles qu’A&R Fleury, Lelong ou Françoise Livinec, le galeriste reconnaît qu’un tel changement de quartier comme de volumes – son local de Komunuma faisait plus de 900 m2, contre 320 m2 pour son espace de Matignon – relève « du pari, car l’ambiance est radicalement différente de Romainville. Le quartier Matignon concentre les Parisiens fortunés et est plus facile d’accès en voiture que d’autres quartiers. Aujourd’hui, nous devons aller chercher les acheteurs là où ils sont, en leur proposant des expositions toujours plus exigeantes ».

Longtemps prisé par les galeries d’art moderne et d’après-guerre, Matignon s’impose de plus en plus pour l’art contemporain, tandis que le Marais, exposé à la fermeture du Centre Pompidou, continue de se vider de ses visiteurs en semaine. Le galeriste Philippe Valentin qui, après 30 ans d’activité, a fermé définitivement sa galerie du 9, rue Saint-Gilles en septembre, en fait l’amer constat. « Les gens ne viennent plus dans le Marais, et les vernissages sont beaucoup moins fréquentés qu’avant ! » déplore celui qui a révélé Laurent Grasso et Nicolas Moulin.

Curatrice originaire de Hô Chi Minh-Ville, Bảo-Thiên Lê s’est implantée dans le 11 arrondissement, rue Parmentier, qui, selon elle, abrite « une population jeune et dynamique » , qu’elle espère capter. Son premier local pérenne, de près de 90 m , a été inauguré en septembre. La galerie BAO promeut dix artistes émergents, dont neuf vietnamiens. « De plus en plus d’artistes vietnamiens et des diasporas sont représentés par des galeries parisiennes, comme Tia-Thuy Nguyen et Thu-Van Tran chez Almine Rech, Tran Trong Vu chez A2Z Gallery, ou encore Truc-Anh chez Vincent Sator , observe Bảo-Thiên Lê. Je suis convaincue que le Vietnam a encore de nombreux artistes pouvant intéresser le public français. » La jeune galeriste, qui a déjà participé à trois éditions d’Asia Now, espère être sélectionnée pour les prochaines éditions d’Art Paris et Artissima. Elle tient toutefois compte de la conjoncture actuelle : « Je reste prudente quant à mes choix d’investissement : les foires peuvent être une arme à double tranchant pour une petite galerie. »

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